mercredi 10 février 2010

Mémoire ukrainienne

 
Mémorial du Holodomor à Kiev

La page de la révolution orange est tournée. Certaines de ses promesses sont devenues réalité, d'autres sont restées inaccomplies. Un des chevaux de bataille du président Viktor Iouchtchenko était de restaurer la mémoire historique de la nation ukrainienne et d'en finir avec la mémoire collective soviétique. Il a été très actif dans le domaine, n'hésitant pas non plus à sélectionner, voire à déformer certains événements qui ont marqué l'histoire ukrainienne. Au centre de cette révision se trouvaient la famine des années 30, l'Union Soviétique et l'armée insurrectionnelle ukrainienne (AIU).

samedi 30 janvier 2010

L'Holocauste et l'Union Soviétique

 

Il y a peu, le monde occidental commémorait la libération d'Auschwitz par les troupes de l'Armée rouge, le 27 janvier 1945. Auschwitz incarne l'Holocauste aux yeux de nombreuses personnes, même si 'seulement' un million des six millions de victimes ont été tuées dans ce camp. Alors que les débats et les polémiques sont au rendez-vous chaque année, il est à noter que le président russe Dimitri Medvedev a décidé de ne pas assister à la cérémonie. Au-delà de tous les intérêts diplomatiques et des tensions entre la Pologne et la Russie, on ne peut que déplorer que la Russie n'ait pas été présente à la cérémonie alors qu'elle se réclame du passé soviétique en ce qui concerne la Deuxième guerre mondiale. Près de la moitié des Juifs tués venaient du territoire soviétique. De plus, l'histoire de l'Holocauste a été si négligée lors de la période soviétique et même depuis 1991 que cela aurait été un signal envers le devoir de mémoire là-bas aussi. Retour sur l'époque où l'Union Soviétique niait pratiquement le génocide des Juifs.

lundi 18 janvier 2010

La Stasi conquise





Manifestation contre la Stasi

Si la chute du mur est un symbole puissant pour exprimer la fin du régime totalitaire est-allemand, et même la fin de toutes les dictatures communistes d'Europe Centrale et Orientale, elle ne représente cependant qu'un pas, aussi grand soit-il. Après le 9 novembre, même si le régime s'écroulait peu à peu, le parti d'unité socialiste (Sozialistische Einheitspartei Deutschland – SED) n'entendait pas jeter l'éponge. Aux yeux des dissidents et des masses ayant manifesté lors des Manifs du Lundi en automne 1989, les transformations se déroulaient trop lentement. Notamment en ce qui concernait la très redoutée et détestée police secrète, la Stasi (Staatssicherheit = sécurité d'État). Alors que des rumeurs se répandaient comme quoi la Stasi détruisait de nombreux dossiers compromettants, une foule s'assembla devant son immeuble à Berlin-Lichtenberg le 15 janvier 1989 et força l'entrée pour envahir le quartier-général. Une foule qui n'était pas si ordinaire, selon ce qu'on a pu apprendre par la suite...

dimanche 3 janvier 2010

Épitaphe de la révolution





2009 n'était pas seulement l'année où il était bon faire le bilan des révolutions ayant secoué l'Europe Centrale et Orientale il y a vingt ans, mais aussi celle où le temps était venu d'en reconsidérer une plus récente, la fameuse Révolution orange ukrainienne. Il y a cinq ans, après un mois de manifestations contestant la victoire électorale de Viktor Ianoukovitch face au candidat de l'opposition Viktor Iouchtchenko, un troisième tour avait été organisé. Le 26 décembre 2005, Iouchtchenko avait remporté une majorité des voix pour couronner ce mouvement de protestations. Au-delà de l'importance géo-politique de l'événement et du conflit americano-russe autour des sphères d'influence, cette 'révolution' était surtout censé marquer l'éveil politique du peuple ukrainien et la victoire d'une forte société civile. Un bilan qui a été plutôt infirmé que confirmé lors des cinq années suivantes... Dans quelques jours, les électeurs ukrainiens devraient massivement tourner le dos à cette 'révolution'.

dimanche 13 décembre 2009

Chicane polonaise




Le 13 décembre 1981, il y a exactement 28 ans, le nouveau premier secrétaire du Parti Ouvrier Unifié de Pologne décrétait l'état de guerre sur tout le territoire de la république. Le général Wojciech Jaruzelski voulait briser les reins du mouvement syndical indépendant 'Solidarność' (Solidarité) qui par son ampleur menaçait la mainmise du parti sur le pays. En effet, depuis les accord d'août 1980 entre le pouvoir communiste et les grévistes de Gdansk, le syndicat avait été officiellement enregistré et près de dix millions de citoyens l'avaient rejoint, sur une population de 36 millions. Il s'agissait bien plus d'un syndicat, c'était un véritable mouvement citoyen. La décision de Jaruzelski a été souvent disputée depuis la fin du régime communiste, et surtout depuis sa mise en accusation pour 'crime communiste' et 'violation de la Constitution'. Et la société polonaise est divisée.

mercredi 9 décembre 2009

Dzsemsz Bőnd


Dans la foulée des célébrations des vingt ans depuis la fin du bloc soviétique en Europe Centrale et Orientale, le Musée d'histoire allemande à Berlin présente une série de films. Dans l'imposant bâtiment de la prestigieuse avenue Unter den Linden, entre l'université Humboldt et la Spree, plusieurs expositions retracent l'histoire de la division, la chute du mur et, bien évidemment, la réunification. Le cinéma du musée projettait dernièrement des films inédits et encore très peu diffusés venant des archives des différentes polices secrètes du bloc. Afin de former leurs agents, ces différents services de sécurité d'État avaient tourné de nombreux films démontrant comment prendre en filature, recruter des agents, démasquer les ennemis et fouiller des appartements, entre autres. Après la chute du mur, les différents instituts s'occupant du passé totalitaire sont tombés sur ces films, parfois 10 ans plus tard! Hier, c'était au tour des Hongrois de nous en mettre plein la vue avec leurs divertissantes 'oeuvres cinématographiques'. Du vrai James Bond, sauce goulash.

lundi 7 décembre 2009

Dissidence est-allemande


Armoiries de l'Allemagne de l'Est (DDR)
 
Dans la dictature est-allemande de la Deutsche Demokratische Republic (République démocratique allemande, DDR) Le régime ne demandait pas seulement une soumission silencieuse, il exigeait plutôt une allégeance bruyante et publique pour sa politique. Les régimes soviétiques utilisaient le quotidien pour aller chercher l'approbation des gens et faire d'eux de dociles complices. Que ce soit par des votes 'libres' à main levée, des manifestations encadrées ou des élections à liste unique, le citoyen devenait vite un rouage du système. Depuis l'enfance, avec les organisations de jeunesse du parti, les rites d'initiation remplaçant les sacrements religieux, le lavage de cerveau à l'école, etc., le citoyen était modelé selon les désirs de l'État. Et qui s'opposait devenait une cible de la Stasi. Parmi les victimes de la sécurité d'État figurèrent même des écoliers.