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jeudi 6 mai 2010

Génocide?

Le passage au pouvoir de Viktor Iouchtchenko n'a pas changé le visage de l'Ukraine autant que le peuple l'espérait, et son résultat lors du premier tour en dit long sur la déception des citoyens. Une des promesses du président fut cependant concrétisée: celle de donner au pays une nouvelle mémoire historique, Une visite du nouveau monument-musée du Holodomor (meurtre par la faim) permet de mieux comprendre cette vision de l'histoire nationale. Au début des années 30, lors de la collectivisation des terres menée par Staline, la paysannerie ukrainienne fut décimée par la famine causée par les réquisitions forcées. Il s'agissait de briser la résistance des paysans des riches terres noires qui s'opposaient à l'organisation de fermes collectives. Environ 3,4 millions de personnes moururent de faim dans la République soviétique socialiste ukrainienne. Et sous Iouchtchenko, l'Ukraine voulait faire reconnaître cette tragédie comme un génocide envers le peuple ukrainien et en faire un des piliers de l'identité nationale.

lundi 3 mai 2010

Mémoire fragmentée


 À Kiev, en Ukraine, les différentes interprétations de l'histoire se côtoient et se font concurrence. À chacun ses victimes et ses héros, dans un mélange parfois surréaliste. Le site de Babi Yar constitue un bel exemple de cette mémoire fragmentée. Dans ce qui était à l'arrivée des Allemands une carrière à l'écart de la ville, plus de cent mille personnes ont été abattues à bout portant. Si la majorité des victimes était juive, Babi Yar fut aussi le dernier arrêt pour partisans, Roms, civils innocents, nationalistes ukrainiens et ecclésiastiques. Et à chacun son mémorial... Et sa mémoire...

mercredi 10 février 2010

Mémoire ukrainienne

 
Mémorial du Holodomor à Kiev

La page de la révolution orange est tournée. Certaines de ses promesses sont devenues réalité, d'autres sont restées inaccomplies. Un des chevaux de bataille du président Viktor Iouchtchenko était de restaurer la mémoire historique de la nation ukrainienne et d'en finir avec la mémoire collective soviétique. Il a été très actif dans le domaine, n'hésitant pas non plus à sélectionner, voire à déformer certains événements qui ont marqué l'histoire ukrainienne. Au centre de cette révision se trouvaient la famine des années 30, l'Union Soviétique et l'armée insurrectionnelle ukrainienne (AIU).

dimanche 3 janvier 2010

Épitaphe de la révolution





2009 n'était pas seulement l'année où il était bon faire le bilan des révolutions ayant secoué l'Europe Centrale et Orientale il y a vingt ans, mais aussi celle où le temps était venu d'en reconsidérer une plus récente, la fameuse Révolution orange ukrainienne. Il y a cinq ans, après un mois de manifestations contestant la victoire électorale de Viktor Ianoukovitch face au candidat de l'opposition Viktor Iouchtchenko, un troisième tour avait été organisé. Le 26 décembre 2005, Iouchtchenko avait remporté une majorité des voix pour couronner ce mouvement de protestations. Au-delà de l'importance géo-politique de l'événement et du conflit americano-russe autour des sphères d'influence, cette 'révolution' était surtout censé marquer l'éveil politique du peuple ukrainien et la victoire d'une forte société civile. Un bilan qui a été plutôt infirmé que confirmé lors des cinq années suivantes... Dans quelques jours, les électeurs ukrainiens devraient massivement tourner le dos à cette 'révolution'.