mercredi 30 juin 2010

L'évaporation de la démocratie

 Le parti tout-puissant 'Russie Unie' devant une ferme opposition, à Perm

Depuis quelques années, la société civile russe se plaint de plus en plus du manque de démocratie en Russie et les organisations internationales de défense des droits de la personne pointent régulièrement du doigt les dérives des autorités russes. Au-delà des entorses faites à la Constitution et à la législation locale, plusieurs changements ont affaibli le pouvoir de l'électeur depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Ainsi depuis 2005, les gouverneurs locaux (sortes de dirigeants des entités de la Fédération russe) ne sont plus élus par le peuple, mais plutôt nommés directement par le président. À Perm, cette évaporation de la démocratie a franchi une étape de plus alors que l'élection directe du maire vient d'être supprimée par les conseillers municipaux.

vendredi 25 juin 2010

Vendre l'Europe au village russe

Trois heures de route cahoteuse dans un mini-bus rempli. Plusieurs langues résonnent dans la cabine suffocante où Français, Allemands et Russes sont serrés comme des sardines. Une ambiance peu habituelle qui rappelle plutôt un groupe Erasmus d'Europe de l'Ouest. Pour ceux qui croyaient que Perm était déjà un coin perdu, voilà qu'une visite du village 'Octobre' remet les choses en perspective. Après trois heures de conduite dangereuse sur une route où les voitures se croisent et se doublent sur une troisième 'voie' centrale à double-sens, voici les premières maisons, le marché, le monument aux héros de la Grande Guerre Patriotique et l'incontournable statue de Lénine. Partis à l'aube de Perm, capitale du nord de l'Oural, ils sont venus 'vendre' l'Europe aux villages russes.

jeudi 24 juin 2010

Poïzd - Le train


'Poïzd': le train, en russe. Véritable institution soviétique à l'époque, le train reste une expérience authentique malgré les modernisations des deux dernières décennies. Si on peut maintenant acheter son billet par internet et si les voyageurs utilisent téléphones et ordinateurs portables, le voyageur étranger est toujours aussi impressionné par un trajet en train. En fait il s'agit souvent bien plus que d'un trajet dans cette Russie qui s'étale sur des milliers et des milliers de kilomètres. Dès l'ère des réformes au dix-neuvième siècle, le chemin de fer a fait partie du développement du pays pour devenir aujourd'hui un moyen de transport incontournable. Au-delà de la légendaire ligne du Transsibérien, des rails couvrent littéralement le territoire russe. Dans un pays au parc automobile restreint, au réseau routier peu développé et au trafic aérien hors de prix pour le citoyen lambda, la locomotive trône encore et toujours. 

vendredi 4 juin 2010

Extrême-droite en Russie


Le dernier attentat en date ayant eu lieu sur le territoire russe porte cette fois la marque de l’extrême-droite. C’est devant l’entrée de la salle de spectacle de Stavropol (Caucase du Nord) que la bombe a explosé, tuant sept personnes et en blessant une soixantaine. La plupart des victimes se rendaient à un spectacle de danse tchétchène, ce qui laisse les enquêteurs croire que des membres de l’extrême-droite sont responsables de l’attentat. Ce n’est pas la première fois que ceux-ci s’essaient au terrorisme, et il semble que c’est une tendance qui va grandissante. Le mouvement néo-nazi russe est en pleine transition, et il passe graduellement dans la clandestinité, ce qui trouble les pistes...

jeudi 27 mai 2010

Les « Peratroussi » bélarussiens

 Perquisition lors des "Peratroussi"

Il y a une semaine, une vague de répression s’est abattue sur le mouvement citoyen ‘Dis la vérité!’ (Havary Praudu!). Dans une vingtaine de bureaux du mouvement un peu partout au Bélarus et presque au même moment, la police a effectué des descentes. De plus, des appartements d’activistes ont été perquisitionnés, du matériel a été confisqué et plusieurs des activistes ont été arrêtés. Le fondateur de cette initiative citoyenne, le renommé poète Ouladzimir Nyaklyayeu (Уладзімір Някляеў), a passé trois jours en captivité. Comme à l’habitude, les autorités ont mis du temps avant de motiver leurs actions. Finalement, les suspects ont été accusé d’avoir « diffusé des informations mensongères sur des produits et services. » Ce qui a suscité beaucoup d’incompréhension, le mouvement n’offrant comme produit ou service que de « dire la vérité »... Partout au pays les experts voient cette vague de ‘peratroussi’ (littéralement : violentes secousses, i.e. des intimidations policières) comme le déclenchement de la campagne présidentielle.

jeudi 20 mai 2010

Pas gai, le Bélarus...


Alors que le mouvement pour la reconnaissance des droits des homosexuels a atteint un grand nombre de ses objectifs depuis maintenant plus de quarante ans en Occident, il se heurte toujours à une grande résistance en Europe centrale et orientale. Sous le régime communiste, l’homosexualité était réprimée et depuis la chute du bloc soviétique, le conservatisme et les préjugés refont librement surface. Les activistes pour les droits des minorités sexuelles, comme on les appelle là-bas, doivent combattre non seulement le conservatisme de la société, mais aussi l’image négative que les citoyens se font de ce qu’est la ‘liberté’ d’orientation sexuelle en Occident. Samedi dernier, à Minsk, c’est avec une choquante violence que les forces spéciales ont interrompu la parade gaie.

mardi 18 mai 2010

Ma détention au Bélarus

 Photo prise en catimini dans la salle de détention


Des jeunes, surtout des gars, dreads, cheveux longs, mais aussi la coupe carrée, écoutent l’exposé d’introduction. Lundi soir, ils sont venus à l’Atelier d’histoire de Minsk pour regarder un film sur une anarchiste active pendant la Guerre civile espagnole de 1936-1939. Peu avant le début de la projection, un officier en civil barre le cadre de porte, encadré par deux adjoints et deux policiers en uniforme. « Qui est le chef ici? », aboie-t-il violemment. « Y’en a pas », répondent avec défiance les jeunes. « Montrez-moi vos documents », commande-t-il d’un ton impérieux en entrant. « Montrez-nous d’abord les vôtres », répliquent du tac-au-tac les jeunes, en ajoutant moqueusement : « Comment peut-on savoir si vous travaillez vraiment pour la police, et que vous n’êtes pas des terroristes? » L’officier n’est pas d’humeur à plaisanter. lI nous dit que apparemment on aurait parlé de cette projection sur un site « sur lequel il s’écrit beaucoup de bêtises... » Le ton de la discussion monte :